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Parler franchement ne justifie pas un licenciement : nullité prononcée pour atteinte à la liberté d’expression

  • 7 mai
  • 2 min de lecture

Faits et procédure

Le litige concerne le licenciement d’un salarié engagé par une entreprise le 2 mai 2023 en tant que conseiller relation client à l’agence de Rennes. ​ Le salarié, qui disposait d’une expérience antérieure dans des fonctions similaires, a rapidement constaté des dysfonctionnements dans l’agence, notamment un mécontentement important de la clientèle, un manque de soutien managérial, et une absence de préparation et d’accompagnement lors de son intégration. ​


2 mois après son embauche, le salarié est envoyé en formation organisée au siège de l’entreprise du 17 au 21 juillet 2023, le salarié a participé à un tour de table le 19 juillet 2023, en présence du directeur national des opérations. ​


À cette occasion, à la demande de son employeur, il a exprimé son ressenti professionnel, évoquant les difficultés rencontrées, le mécontentement des clients, et le manque de soutien de son responsable d’agence. ​ Il s’est également interrogé sur la capacité de ce dernier à exercer ses fonctions. ​ L’échange a été interrompu par la direction lui indiquant qu'il n'avait pas à émettre d'appréciations critiques sur son supérieur hiérarchique mais la formation s’est poursuivie normalement. ​


Le 21 juillet 2023, le salarié a été convoqué à un entretien préalable à un éventuel licenciement, fixé au 1er août 2023. ​ À l’issue de cet entretien, il a été placé en arrêt de travail pour stress et anxiété. ​ Le 7 août 2023, l’employeur lui a notifié son licenciement pour cause réelle et sérieuse, en raison de propos jugés méprisants et dénigrants à l’encontre de son responsable d’agence, considérés comme portant atteinte aux relations de travail. ​


Contestant le bien-fondé de son licenciement et assisté de nos avocats INVICTAE, le salarié a saisi le Conseil de prud’hommes de Rennes le 20 mars 2024. ​ Il a soutenu que ses propos relevaient de l’exercice normal de sa liberté d’expression dans un cadre professionnel et ne constituaient ni un abus ni une faute. ​


L’employeur, de son côté, a affirmé que ces propos étaient excessifs et malveillants, justifiant la rupture du contrat de travail. ​


La décision

Le Conseil de prud’hommes a finalement jugé que le licenciement était nul, estimant que les propos du salarié relevaient de l’exercice de sa liberté d’expression et ne constituaient pas une faute. ​ Le salarié a pu obtenir la condamnation de son ancien employeur à lui payer les sommes suivantes :

  • 6 mois de salaire au titre du licenciement nul pour atteinte à la liberté d'expression ;

  • 2000€ au titre de ses frais d'avocat (article 700cpc)

  • rectification de ses documents de fin d'emploi

  • consignation intégrale de la décision en cas d'appel


Consultez la décision en cliquant ici : CPH de Rennes du 10 mars 2026 RG24/00204


Si vous êtes dans une situation analogue, n'hésitez pas à consulter nos Avocats afin qu'ils vous conseiller et vous défendre




 
 
 

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